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Par Judith Lesur :: 14/07/2007 à 20:21 :: la fille perchée

Sébastien Girard - Régisseur adjoint                           Fanny Fallourd - Coiffeuse - Maquilleuse         
                                                            
           

Julien Gorgeart - Assistant déco                                                  Guillaume Travert - Électro      
                                                          
Aurélien Lucquiaud - Perchman                              Guillaume Moinard - 2ème Assistant réalisateur     
                                                                 
Lisa Diaz - Scripte                                                                Bertrand Motte - Machino 
                                                       
Arnaud Ferrari - Régisseur                                                   Marie Lejeune - Chef déco     
                                                 
Fabien Daphy - Premier assistant réalisateur                     Lucien Morin - Chef machino  
                                                         
Nadège Courant - Régisseuse                                          Élisabeth Rull - photographe de plateau         
                                                               
Judith Lesur - Réalisatrice                                                     Emmanuelle Jacq - Directrice de production   
                                                      
Émilie Piat - Costumière                                                              Brice Bailly - Chef électro 
                                                              
Maryline Touret - chef opératrice                                                Brice Picard - Ingénieur du son      
                                                                    
Sarah Couvelaire - Assistante caméra                                      Aurélien Gabory - Machino
                                                     
Nicolas - Renfort grue              


Carnet de tournage 7 / La Fille Perchée

Par Judith Lesur :: 14/07/2007 à 13:20 :: la fille perchée
08/07

Magali, la mère, comédienne lyonnaise, qui est arrivée dans la nuit, et Pascal, le père, comédien
de la région, ont un vague air Deschiens lorsqu'ils sont maquillés et habillés, et la scène de repas
dans la cuisine de ferme est des plus réalistes...

La petite dame qui nous prête sa maison passera la journée dans le jardin ou chez les voisins,
on se sent un peu intrus. Il faut faire passer la grande table de la cuisine par la fenêtre, mais nous
gardons pas mal d'éléments de déco...

Nous commençons avec la scène dans la chambre, vue à hauteur de Fille, où les mouvements du
corps de la mère sont plus importants que son visage, hors champ.

La séquence la plus compliquée à tourner est celle de la dispute mère/fille, avec course poursuite autour
de la table de la cusine, claque, saignement de nez et aboiements de chien. Dans sa course, Mathilde doit
presser un coton imbibé de (faux) sang planqué sous la table et se passer la main sur le visage après la
(fausse) claque de Magali, qui elle s'évanouit et s'écroule au sol d'une manière très convaincante.
La gentille chienne Ultra n'aboyant que lorsqu'elle voit son maître agiter un "objet de motivation",
nous la filmons en gros plan. Exit le plan au niveau du sol où on devait voir le chien et les jambes
qui se déplacent autour de la table...


Carnet de tournage 6 / La Fille Perchée

Par Judith Lesur :: 14/07/2007 à 13:19 :: la fille perchée

07/07

Nous filmons les enfants en train de courir en se bousculant dans les orties (des fougères, pour

de vrai) avant de s'engouffrer dans la cabane. Scène de goûter à l'intérieur, avec trois

travellings identiques qui montrent les différentes étapes, jusqu'à ce que la Fille et Nicolas

se retrouvent seuls et "jouent au docteur".

Je me rends compte qu'il est plus facile de diriger des comédiens que des figurants (ici, des silhouettes,

c'est-à-dire des petits rôles sans texte), qui prennent peu d'initiative. Je réalise aussi que mon

choix d'éviter les dialogues creux, qui serviraient juste à rendre crédible la situation sans rien

apporter à l'histoire, n'aident pas forcément à être naturels. Un équilibre à trouver... pour rester à

la limite du réaliste et du symbolique...


Je répète avec Antoine et Mathilde en équipe réduite, la mère d'Antoine est un peu en retrait,

sans doute curieuse de voir comment son fils va réagir lorsqu'il se fera chatouiller le ventre

devant la caméra. Ce qui m'étonne le plus est leur sérieux à tous les deux. Ils sont bien sûr gênés,

et leur pudeur les rend solennels. Ils ont quelque chose de vraiment touchant, c'est peut-être

la première fois que Mathilde glisse la main sous le t-shirt d'un garçon...

Le décor a vraiment bien fonctionné, on ne se doute pas que sous la paille, le matelas déglingué,

les tabourets... des palettes et du carton nous isolent du purin...

Nous allons ensuite à la rivière, pour les dernières séquences du film. Bizarre de bousculer la chronologie

à ce point, je suis sûre que Mathilde et son personnage vont évoluer et s'étoffer au cours du

tournage et c'est dommage de ne pas pouvoir attendre.


Les problème immédiats sont le courant, qui nous empêchent de faire nager les enfants

comme prévu, et la température de l'eau... Ils sont tout tremblants sur les dernières prises,

et leur sourire est un peu crispé...


Carnet de tournage 5 / La Fille Perchée

Par Judith Lesur :: 14/07/2007 à 13:19 :: la fille perchée

06/07

Voilà, premier matin de tournage, arrivée à 8h30 sur le premier décor : le collège de Ploudalmezeau.

Je suis rassurée de voir qu'Antoine, qui joue Nicolas, n'a pas trop changé depuis le casting de l'année dernière.


         Antoine/Nicolas coiffé par Fanny


Nous mettons en place le premier plan, dans les toilettes, sous le préau.

Au fil des répétitions, les comédiens se détendent. Mathilde découvre que ce n'est pas facile de rire

sur commande dix fois de suite...



Brice, chef électro et Sarah, assistante caméra, s'installent

Il faut ensuite régler la chorégraphie des figurants dans la cour d'école, Lulu se transforme

en chauffeur de salle pour encourager les enfants à crier et parler, sans regarder la caméra...

la récré...

Pendant que nous filmons un plan à l'extérieur du portail, Geneviève, la prof, nous rejoint.

Elle colle parfaitement au rôle, avec sa robe moutarde avec épaulettes...

Nous tournons les deux travellings dans la salle de classe, avec les ricanements des élèves

quand la Fille se fait sortir. On s'y croirait...

Nous filons sur la route de la première séquence, les nuages n'attendront malheureusement

pas le temps de l'installation pour masquer le soleil, la lumière est un peu plate, dommage...

Nous terminons la journée avec une heure d'avance, ce qui n'est pas forcément courant

pour un premier jour, tout le monde est content.

Je pars avec Maryline et la caméra pour voler quelques images de nature, qui pourraient

servir de respiration, mais nous revenons presque bredouilles.

Nous nous félicitons de cette première journée fluide et sans heurt, ce qui n'était pas gagné

étant donné nos caractères à toutes les deux. Mais depuis Apis Malefica, nous avons pris le

temps de discuter et nous avons deux ou trois petites phrases "formules magiques" qui

permettent de désamorcer la situation avec un peu d'humour...


Carnet de tournage 4 / La Fille Perchée

Par Judith Lesur :: 11/07/2007 à 13:39 :: la fille perchée

05/07

Nous retournons au hameau avec Mathilde pour mettre au point sa cascade : des roulades sur le bord de

la route après l'avoir vue ouvrir portière de la voiture et sauter en marche... Bien sûr il pleut, bien sûr

les bas-côtés sont boueux mais après m'avoir montré le cadre avec ses mains en rectangle, Maryline s'est

fait un plaisir de se rouler dans la fange pour enseigner à Mathilde les techniques de base de la roulade

de judo... On s'aperçoit que le mouvement que nous pensions demander à Henri, la Bête, pour figurer

le moment où il est percuté par la voiture des parents relève de la cascade et nous décidons de changer

le découpage pour ne pas prendre de risque.




Nous allons ensuite à la rivière pour repérer les endroits précis où nous mettrons la caméra,

histoire de ne pas faire attendre les jeunes comédiens dans l'eau...

Le décor ressemble exactement à ce que j'avais en tête, soleil en moins...

Nous rentrons au gîte pour accueillir Fanny, coiffeuse et maquilleuse, qui coupe les pointes de Mathilde

pour atténuer l'effet dégradé qui n'était pas de mise à la campagne dans les années 80...

Nous optons pour un maquillage léger, le plus naturel possible.

Lucien, dit Lulu le chef machino, arrive avec son assistant, ce sont les Bretons de l'équipe et ça s'entend.

Lulu travaille généralement sur des longs-métrages, mais là, le projet lui plaisait, alors...

Nous avions peur du mouvement de grève des professionnels de l'audiovisuel, qui ont finalement

accepté de laisser partir nos camions de matériel, mais ce sont en fait les agriculteurs brestois qui ont

bloqué les électro et l'assistante caméra : ils sont arrivés à 1h30 du matin. Le preneur de son

et son assistant ont galéré aussi. Bienvenue dans le Finistère, le bout du bout de la terre...

Je rentre tôt avec Mathilde, à pied, histoire de se détendre. Bien évidemment nous nous perdons,

et c'est ainsi que nous découvrons au bout d'une allée du lotissement, qui mélange étrangement

vieilles maisons en pierre et constructions récentes disgracieuses, un petit sentier sablonneux

qui débouche sur une longue plage déserte. Le seul rayon de soleil de la journée nous transperce là,

et c'est un joli moment, Mathilde est impressionnée de jouer avec "de vrais comédiens", mais contente

de commencée avec les scènes d'école où elle sera entourée de figurants.

Je tente le Manzana pastèque/vodka, où comment se donner une petite tape sur la tête avant d'aller

se coucher.

Bizarrement j'ai plutôt bien dormi, après un repas dans le hangar à bateaux des propriétaires

des gîtes, qui nous permettra de réunir tous les soirs les 25 personnes de l'équipe...

 

Carnet de tournage 3 / images d'Élisabeth Rull

Par Judith Lesur :: 11/07/2007 à 13:29 :: LA FILLE PERCHEE - images


La traversée du Hameau pendant le cauchemar : Magali révise ses notions de conduite de 4L

                                          

                                                   Sarah, assistante caméra



Èmilie, costumière, fait les dernière retouches

                                                                          

                                                                          Mathilde mémorise ses gestes

                                             

                                              Henri dans sa carcasse

Carnet de tournage 2 / La Fille Perchée

Par Judith Lesur :: 04/07/2007 à 15:19 :: la fille perchée

03/07 après-midi

 
Marie est partie dénicher les derniers accessoires et les matières premières pour les trompe-l'oeil

(fausse rouille, effet boiserie pour masquer les fenêtres en PVC, tôle pour fermer la cabane...)

Emma finalise les demandes d'autorisation pour bloquer les routes, placer la caméra dans un champ,

faire allumer l'enseigne d'un Casino de 1h à 3h du matin...

Toute cette effervescence autour de "mon" film...

J'espère ne jamais être blasée de cette énergie collective faite de milliers de petits riens à organiser,

de micro-problèmes à résoudre, et la farfouille, la bidouille, l'ingéniosité pour trouver plus crédible

et plus économique, cette générosité de temps et d'effort...

Nadège, régisseuse, arrive. Comparé au tournage rock'n roll d'Apis Malefica l'été dernier, fait à

l'arrache et avec les moyens du bord, tout ici est très hiérarchisé. Chacun a un rôle précis,

et c'est un vrai confort... Je n'aurai cette fois qu'à me soucier de la mise en scène, du cadre

et des comédiens. Maryline, chef-op, sera mon filtre pour dialoguer avec les machino et les électro,

Fabien, premier assistant, veillera à ce que tout soit fluide sur le plateau, Lisa, la scripte que je ne

connais pas encore, s'assurera de la cohérence des prises et des plans.

C'est vraiment excitant de faire dialoguer réel et imaginaire : transformer les données concrètes,

physiques d'un paysage, d'un décor, selon sa propre topographie mentale et inversement

nuancer l'atmosphère imaginée en découvrant leur particularité.

 

04/07

Matinée tranquille en prévision (pour moi !) : l'équipe régie complétée fera le tour des décors,

pour être bien au point quand il s'agira de transporter comédiens, techniciens et matériel d'un lieu à l'autre.

Le reste de l'équipe est réquisitionné pour aider Marie et Julien à charger palettes et cartons pour assainir

et aplanir le sol de la cabane, qui, après quelques mois bien pluvieux, est un champ de boue et de bouse...

Les changements de température et de lumière sont plutôt facétieux : pluie - soleil - nuages - soleil - pluie...

Le sinistre devient bucolique, avant de virer mystérieux puis gai, puis glauque puis... Voyons le bon côté

des choses : ça nous aidera à renforcer les ellipses temporelles qui ponctuent le récit, même si les

raccords et les installations lumière risquent d'en pâtir... Maryline a prévu des plans B et les Bretons

de l'équipe nous aideront à prendre les choses avec philosophie...

Mathilde arrive cet après-midi avec Emilie, la costumière. Courageuse Mathilde, qui sera de tous les plans

(sauf 1 !) et qu'il s'agit de rendre à l'aise malgré la vingtaine de personnes qui ne la quitteront pas

des yeux. Elle nous a montré l'année dernière à quel point elle était concentrée et endurante,

reste plus qu'à la détendre pour qu'elle aussi prenne du plaisir à cette aventure et trouve l'alchimie

d'intériorité et de spontanéité de ma Fille Perchée...


Carnet de tournage 1 / La Fille Perchée

Par Judith Lesur :: 03/07/2007 à 17:10 :: la fille perchée

01/07

Sous une pluie que l'on pourrait qualifier de bretonne, me voilà en route pour la gare.
Le coffre du taxi avale ma valise bien remplie et le gros sac de costumes qui me donnent l'impression
que le silex de mes omoplates ne va pas tarder à faire des étincelles. Je quitte la Croix-Rousse, partagée
entre l'effet grisaille-du-dimanche après-midi et l'excitation du départ.


Je noie les excuses de la SNCF pour ses retards passés et à venir et les cris du bambin qui,
d'après les cernes violettes de sa mère, a une endurance précoce, sous les volutes musicales de mon
walkman et j'écris.


Petite balade dans les fondements de Paris et je m'enfonce enfin dans le canapé de Maryline
pour trinquer à ce projet qui nous mobilise les neurones et les tripes depuis trois ans.


Buvons, nous travaillerons sur le découpage technique demain, dans le train.

 
02/07

Maryline s'endort à l'heure où je me réveille, et avec Fabien, que nous retrouvons sur le quai du métro
et dont la gueule de bois semble aussi chargée que le sac à dos, nous ressemblons à trois adolescents
fébriles à la veille de la colo.


Nous regardons les quelques séquences qui pourraient encore se simplifier, puis nous dormons pour
les uns, rêvassons pour les autres. Le scénario est arrivé à un stade de concentration tel que tout
paraît aller à l'essentiel, même les respirations.


 
À Brest nous attend Emma, notre directrice de production/régisseuse générale et je vois en miroir
sur ses traits les effets de la préparation du tournage. Nous accumulons des réserves caloriques
non négligeables à la crêperie du coin, où nous rejoignent Marie et Julien, la chef déco et son assistant.


Nous allons voir les premiers décors, et mon sourire face à la concrétisation des images que j'ai dans
la tête depuis un certain temps s'épanouit à mesure que celui de Marie se crispe devant la tâche qui
l'attend : relooker l'aile désaffectée d'une maison de retraite, transformer un abri à bestiau en
cabane d'enfants... C'est sous la pluie que nous essayons de deviner la profondeur de la rivière
dans laquelle les jeunes comédiens vont devoir nager, sans même oser y plonger la main
pour évaluer sa température...


Gîte, courses, restaurant sur le port..., la vie collective trouve ses repères. Parmi les multiples points
d'interrogation qui défient la persévérance d'Emma, il y a l'immobilisation possible des camions
des machino à Paris, due à la grève des intermittents de l'audio-visuel prévue les 3 et 4 juillet. 
Nous avons fait savoir au syndicat de salariés que nous étions solidaires avec le mouvement
et que nous ferions mention de la situation au générique du film, mais qu'étant donnée la précarité
des conditions du projet, nous ne pouvions pas nous permettre de perdre un jour de tournage.


 
Fin de soirée.

On ne voit pas la mer mais on l'entend. Il fait froid.

Je suis étonnamment calme depuis que je suis ici, malgré mon impatience de commencer à tourner.


03/07

Le réveil matinal est l'occasion de commencer à écrire ce carnet de tournage dans le gîte silencieux,
avant d'aller vérifier les derniers décors : le hameau, théâtre du cauchemar et des deux cascades
du film, où nous avons la chance de trouver la maison qui nous manquait avec sa cuisine rustique
et sobre, puis l'arbre, le magnifique arbre de La Fille Perchée, dans le parc d'un manoir,
le sol est détrempé et le remorquage de la vieille carcasse de 2 chevaux risque d'être épique mais,
avec un rayon de soleil, le tableau est bluffant. Nous finissons par le collège, qui n'a opportunément
pas encore eu les moyens de moderniser toutes ses salles de classe. Nous voyons rapidement
comment installer les 15 enfants pour donner l'impression qu'ils seront 30 et nous choisissons
les toilettes dans lesquels Nicolas et Mathilde joueront leur première scène, en sniffant de la colle à rustines...



Nous changeons de crêperie avant de rentrer au gîte, où, studieux, chacun met ses notes et
croquis au propre pour briefer le reste de l'équipe qui arrive dans les trois prochains jours.


J - 7 / Fille perchée / théorie et pratique

Par Judith Lesur :: 29/06/2007 à 8:40 :: la fille perchée
voilà ce que ça donne sur le papier...



j'ai hâte de le voir en action...
qu'est-ce que le cadre, les comédiens, la lumière, l'imprévu... vont apporter au découpage technique ?

préparatifs / Fille perchée

Par Judith Lesur :: 28/06/2007 à 11:52 :: LA FILLE PERCHEE - images

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