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le montage, doncPar Judith Lesur :: 29/07/2007 à 9:06 :: la fille perchée
une montagne de doutes...
je sais maintenant que tant que je n'aurai pas pris beaucoup de recul (en mètres, en mois, en poids de neurones), je ne verrai que les défauts, les manques, les maladresses, les erreurs. les yeux des autres verront autre chose, je l'espère ! donc, le montagePar Judith Lesur :: 26/07/2007 à 22:29 :: la fille perchée
je voulais être toute neuve devant les images
écouter l'histoire, pas tout à fait la mienne, qu'elles me raconteraient mais peut-être est-ce trop tôt (comment évaluer la temporalité d'un projet qui date de si loin, de si profond ?) je suis trop imprégnée de mes "intentions" de mise en scène, de la préparation technique, des émotions du tournage... pour être véritablement "vierge" c'est finalement rassurant de travailler avec Yann, qui débarque sur le projet sans rien connaître ni de son historique, ni de mon univers nous choisissons souvent les mêmes prises, ce qui est plutôt bon signe il n'y a pas de catastrophe, de prise irrécupérable, mais des détails, des raccords un peu justes, des situations qu'il aurait peut-être fallu pousser plus loin, ailleurs... pour l'instant, ma vision est tout sauf globale, c'est une besogne de seconde en seconde, mais j'aime bien ce côté rafistolage : plutôt que de regretter "ce qu'il aurait fallut... ce que nous aurions pu....", nous (enfin, Yann surtout) bricolons, façonnons... pour rendre le plus fluide possible ce que nous avons... le rush du derushagePar Judith Lesur :: 25/07/2007 à 0:23 :: la fille perchée
c'est pour demain !
5 heures d'images pour 7 jours de tournage pour 2 ans de préparation pour 3 ans d'écriture pour 5 ans de fantasme... Carnet de tournage 14 / La Fille PerchéePar Judith Lesur :: 22/07/2007 à 13:20 :: la fille perchée
12/07
Après une matinée pour récupérer de la nuit chargée, nous mangeons au Hangar et allons au Mouroir, pardon, ça c'est dans le scénario..., à la maison de retraite de Lanilis. La météo est moyenne mais on s'en fout, puisqu'on tourne principalement en intérieur ! Le directeur est ravi de nous accueillir et de nous voir occuper une aile désaffectée vouée à disparaître bientôt. Nous déambulons dans les couloirs, un peu impressionnés par cette ambiance particulière, en faisant attention de ne pas investir trop bruyamment les lieux. Une petite dizaine de résidents ont accepté de faire de la figuration et ils passeront l'après-midi assis en rang d'oignon dans le couloir à regarder nos va-et-vient. Nous sommes un peu gênés de les faire attendre mais ils sont apparemment très contents d'assister à l'effervescence du tournage. Nous commençons à l'extérieur, avec la séquence où la Fille est cachée derrière les poubelles et attend la relève des infirmières pour s'introduire dans le bâtiment. Après une customisation rapide des poubelles, Émilie et Emma revêtent la blouse et miment très crédiblement la pause clope de deux infirmières... Nous allons ensuite dans la chambre, une pièce minuscule où nous nous entassons pour filmer les retrouvailles un peu tristes de la Bête et de la Fille, et leur décision de s'enfuir ensemble. Viennent ensuite les deux travellings dans le couloir (l'arrivée de la Fille puis le départ des deux), avec coup d'oeil dans la salle télé où nous demandons aux figurants de fixer le mur, de tricoter ou de dormir (la télé, hors champ, étant figurée par une lumière bleuâtre clignotante). Les résidents, malgré la mobilité réduite de certains, ne rechignent pas à changer de place plusieurs fois, ils sont de tellement bonne volonté qu'on a envie de les montrer tous...! Nous terminons à l'intérieur avec une scène de cauchemar : la Fille rêve que la Bête est ceinturée par deux infirmiers sadiques qui l'obligent à ingurgiter du sirop. Les figurants, deux rugbymen que Fabien a cueillis sur un parking la veille sont flippants à souhait dans leur blouse blanche et nous applaudissons tous très fort le dernier plan d'Henri ! Dernière séquence dehors, avec un effet nuit américaine grâce aux filtres et un effet "phares de voiture" qui réveille la Fille, qui rentre dans le Mouroir. Encore une bonne journée finie dans les temps, avec en plus les compliments du directeur pour notre amabilité et notre discrétion ! Carnet de tournage 12 / La Fille PerchéePar Judith Lesur :: 21/07/2007 à 17:17 :: la fille perchée
11/07 suite
C'est en un long convoi de camions et de voitures que nous allons jusqu'au Casino de Ploudalmezeau, il doit être 1h du mat', les rues sont désertes et nous ne verrons aucune fenêtre s'éclairer pendant les presque deux heures que nous passerons à tourner les deux séquences nocturnes. Maryline traverse un moment pénible : elle avait bien préparé son effet lune, mais ne s'attendait pas à l'effet "ombre sur le mur" qu'elle arrive à atténuer quand même en faisant déplacer plusieurs fois l'énorme projecteur qui doit peser des tonnes. On dirait du Murnau ! Elle court un peu plus que d'habitude mais si elle ne nous l'avait pas avoué après, son gros coup de stress serait passé inaperçu. Exigeante Maryline, qui se reproche de ne pas trouver toutes les solutions tout de suite... Après l'installation du deuxième travelling, Lulu trouve un ingénieux système pour bloquer les roues du caddie dans lequel Henri est recroquevillé dans un confort minimal et que Mathilde peine à pousser droit. Nadège et sa vaillante R5 sont réquisitionnées pour jouer les figurantes. Sa millième tâche de la journée ? Tout est remballé avant 3h, le petit crachin ne nous a finalement pas gêné. Nous allons au gîte "mise en scène" pour une petite bière (ou restait-il de la vodka ?), nous fumons nos clopes dehors en essayant de ne pas troubler le sommeil de Mathilde... Carnet de tournage 11 / La Fille perchéePar Judith Lesur :: 19/07/2007 à 10:03 :: la fille perchée
11/07
Quelques heures de repos ou de répit avant de se retrouver au Bois en fin d'après-midi. À défaut de dormir longtemps, je bouquine au lit, sursaute plusieurs fois quand John Fante me tombe des mains... J'en profite aussi pour aller lire mes mails à Ploudalmezeau, privilège rare qui se monnaie 2 euros la demi-heure pour les "étrangers". Deuxième privilège : Fanny a accepté de me couper les cheveux avant d'ébouriffer, graisser, salir ceux de Mathilde et d'Henri ! Juste de quoi me rafraîchir la tignasse et avoir l'air moins "négligée", comme le dit si diplomatiquement Mathilde... Retour au Bois pour filmer les séquences à l'ambiance "fin de journée/nuit", dont celle de la mort de la Bête. Avant, une petite scène pour être au plus près des sensations physiques de la Fille : elle s'accroupit derrière les fougères pour faire pipi, avec un gros plan du jet (de thé, je crois !) qui vise un caillou à côté de sa sandale. Petit bond chronologique pour filmer la fin de la séquence de partage du vin, la Bête dort et la Fille lui effleure le visage du bout des doigts. Dire que certains étaient persuadés à la lecture du scénario que le lien entre le marginal et la Fille était aussi charnel... Peut-être n'ont-ils pas compris qu'il s'agissait d'un vieil homme... ou alors je ne suis pas la seule à avoir l'esprit glauque et tordu...! Nous filmons à la suite la scène où la Fille se réveille dans la carcasse, la tête de la Bête morte sur ses genoux, et celle où elle l'installe, la veille au soir, après être allée le chercher au Mouroir. La position n'est pas confortable pour les comédiens, Maryline n'est pas satisfaite de sa lumière "petit matin", je me rends compte que le caddie dans lequel la Fille va transporter la Bête est vert, et non pas argenté comme je l'imaginais... Je réalise que j'ai toujours du mal à décrire les images que j'ai dans la tête, certaines choses me paraissent tellement évidentes que j'oublie de les préciser, d'autres sont au contraire trop floues. Marie gère heureusement au mieux l'irrégularité de mes indications mais je me dis que la prochaine fois, je prendrai beaucoup plus de temps en amont pour parler de "ce que je vois", pour apprendre à être plus précise et à formuler ce que je souhaite, non pas seulement ce que je ne veux pas ! impressions en imagesPar Judith Lesur :: 18/07/2007 à 7:18 :: la fille perchée
Carnet de tournage 9 / La Fille PerchéePar Judith Lesur :: 16/07/2007 à 11:02 :: la fille perchée
10/07
Une journée entière dans le bois, à admirer les reflets du soleil sur les feuillages et se battre contre les moustiques, aussi petits que teigneux... Nous filmons donc la rencontre entre la Fille et la Bête, leur réaction quand, en crachant par la fenêtre de la carcasse, le mollard arrive à côté des doigts de pied de la Fille qui se rétractent dans leur sandale. Julien prend courageusement en bouche le mélange de blanc d'oeuf et de faux sang et mime le crachat... Nous filmons ensuite la deuxième venue de la Fille dans la clairière, où la Bête se manifeste par des quintes de toux mais reste cachée dans sa tanière. Mathilde est censée empaler des fourmis avec une brindille, mais les fourmis ne se distingueraient pas sur le sol alors elle se contente de gratter la terre... L'effet d'ennui est le même. Reste deux scènes importantes dont nous n'avons pas encore testé les "trucages" : le vin et le sirop. La Fille revient voir la Bête et lui tend une bouteille de sirop. Il s'énerve, parle en polonais (grâce à l'enregistrement d'une séance de répétition avec Ania Valet l'année dernière) et vide le médicament sur le sol, où les fourmis sont censées s'agglutinées. Les fourmis, trop petites et craintives, se distinguent mal sur le faux sol qu'on leur a fabriqué et se cachent sous les feuilles. Dans ses recherches d'un dresseur de chien, Marie a rencontré un dresseur de fourmis, mais il lui fallait trois semaines pour les "coacher" et nous n'avions pas les moyens... Tout le monde a cru à une blague mais apparemment, un tel métier existe... La Fille revient avec un autre cadeau : une bouteille de vin. Il y a deux difficultés : comme ils n'ont pas d'ouvre-bouteille, la Bête doit casser le goulot sur la portière puis montrer à la Fille comment boire sans se blesser ni s'en reverser partout... Marie et Julien ont scié le goulot pour que la bouteille se brise facilement et proprement, pour éviter les éclats et les blessures. Henri est gênés dans ses mouvements par la petitesse de la fenêtre de la carcasse mais ça finit par fonctionner. Il a également du mal à prendre la position qui lui permettrait de boire bras tendu, Mathilde aussi, mais ils trouvent d'autres gestes qui rendent la situation crédible... Après quelques essais et tâtonnements, nous arrivons donc pour l'instant toujours à trouver une solution, quitte à dévier un peu de l'intention de départ... Brice et Aurélien enregistrent régulièrement des sons seuls et des raccords d'ambiance, dont il faudra extraire les bruits du groupe électrogène et des tracteurs qui s'activent dans les champs voisins puisqu'il ne pleut pas... La soirée s'annonce festive : nous reprenons le travail le lendemain à 18h30 (jusqu'à 3h du mat pour les séquences nocturnes...), et Maryline, Fabien, Emma, Lucien et moi avons décidé d'offrir un barbecue à toute l'équipe. Les régisseurs ont cavalé toute la journée pour à la fois assurer le confort du plateau (boissons chaudes, biscuits, sandwiches... en permanence à portée de main), les petites courses personnelles (clopes, cotons-tiges... !) et nous préparer un véritable festin, installé dans un lieu absolument paradisiaque : l'un des gîtes de l'équipe, avec un panorama incroyable sur la mer... La température baisse vite mais nous avons de quoi nous réchauffer... Je pars la première pour assurer les heures de sommeil de Mathilde et j'en profite pour continuer mon carnet de tournage. Mes colocataires reviennent dans un état d'ébriété avancée, il paraît même que certains ont fini nus dans la mer à 5h du matin, mais le lendemain, tout le monde est présent et efficace sur le plateau... ! Carnet de tournage 8 / La Fille PerchéePar Judith Lesur :: 15/07/2007 à 8:46 :: la fille perchée
09/07
C'est la journée du cauchemar, espérons que la thématique ne s'applique pas également au tournage... Nous filmons l'arrivée de la 4L familiale dans le hameau, puis l'accident. Après le chien, les poules. Elles sont difficiles à attraper mais complètement amorphes quand la voiture déboule alors qu'elles sont sur la route. Magali doit klaxonner comme une folle pour qu'elles daignent se dandiner avec une lenteur exaspérante jusqu'au talus d'herbe... Pour l'effet vitesse, c'est un peu raté... Maryline s'installe à la place de Mathilde dans la voiture pour une vision "en caméra subjective" de la route. Lulu arrive de Brest avec la remorque et la voiture travelling : on installe la 4L sur le plateau de la remorque, ça permettra de filmer le visage des comédiens avec la caméra sur le capot tout en ayant le paysage qui défile dans le pare-brise arrière. Le combo derrière lequel je valide les cadres que me propose Maryline est placé sur la remorque aussi et je me sens comme une gosse devant un beau jouet... Les comédiens miment le choc de l'accident, la Fille crie et les parents rient comme des déments. C'est drôle et inquiétant à la fois. Nous rattaquons avec la cascade de Mathilde : elle est harnachée dans la voiture pour ouvrir la portière et donner l'impression qu'elle va sauter en marche. Nous filmons ensuite la fin de l'action et au passage de la voiture, Mathilde fait des roulades sur le bas côté de la route. Nous filmons la fin du cauchemar sous un soleil de plomb. ![]() Henri va passer quelques heures allongé sur le goudron, on se relaiera pour lui faire de l'ombre sur le visage. Julien et Marie dessinent une auréole de sang autour de sa tête, Mathilde viendra s'y agenouiller . C'est le moment du trucage casse-gueule : le sang est censé imbibé le jean et s'étendre sur les genoux. Julien place deux seringues et des tuyaux sous le pantalon de Mathilde et les actionne quand elle est en position. Les essais sont limités au nombre de jeans... Les premières tentatives font l'effet de stigmates, mais j'espère avoir quelques secondes qui fonctionneront. C'est dans ce genre de détails que je vois la différence entre une image littéraire ("le jean s'imbibe de sang comme un buvard") et le réel... La jeune bretonne doublure de Mathilde a passé la journée avec nous pour quelques minutes de film : habillée comme elle, elle répète ses gestes pour donner l'impression que la Fille prend la tête de la Bête sur ses genoux et qu'elle s'aperçoit qu'il s'agit de la sienne... Premières séquences au bois : la carcasse a vraiment l'air de nous attendre depuis des années... Nous avions prévu de filmer la première rencontre entre la Fille et la Bête, mais les scènes tournées ce matin étaient assez difficiles, et celle-ci demande pas mal de concentration aux comédiens, nous optons donc pour deux séquences courtes situées plus loin chronologiquement, où la Fille lit, adossée à la voiture. Le ciel se couvre et nous filons tourner en équipe réduite le moment où la Fille hésite en rentrant de l'école à aller au Bois retrouver la Bête... Maryline scrute les nuages avec son verre de contraste et nous annonce 20 minutes d'attente pour bénéficier des derniers rayons de soleil. Nous avons tourné 19 plans dans la journée, et pas les plus simples...! Who's WhoPar Judith Lesur :: 14/07/2007 à 20:21 :: la fille perchée
![]() Sébastien Girard - Régisseur adjoint Fanny Fallourd - Coiffeuse - Maquilleuse ![]() Julien Gorgeart - Assistant déco Guillaume Travert - Électro ![]() Aurélien Lucquiaud - Perchman Guillaume Moinard - 2ème Assistant réalisateur Lisa Diaz - Scripte Bertrand Motte - Machino ![]() Arnaud Ferrari - Régisseur Marie Lejeune - Chef déco ![]() Fabien Daphy - Premier assistant réalisateur Lucien Morin - Chef machino Nadège Courant - Régisseuse Élisabeth Rull - photographe de plateau Judith Lesur - Réalisatrice Emmanuelle Jacq - Directrice de production ![]() Émilie Piat - Costumière Brice Bailly - Chef électro Maryline Touret - chef opératrice Brice Picard - Ingénieur du son ![]() Sarah Couvelaire - Assistante caméra Aurélien Gabory - Machino ![]() Nicolas - Renfort grue ![]() |
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