Calendrier

« Septembre 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930 

Judith Lesur

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Carnet de tournage 1 / La Fille Perchée

Par Judith Lesur :: 03/07/2007 à 17:10 :: la fille perchée

01/07

Sous une pluie que l'on pourrait qualifier de bretonne, me voilà en route pour la gare.
Le coffre du taxi avale ma valise bien remplie et le gros sac de costumes qui me donnent l'impression
que le silex de mes omoplates ne va pas tarder à faire des étincelles. Je quitte la Croix-Rousse, partagée
entre l'effet grisaille-du-dimanche après-midi et l'excitation du départ.


Je noie les excuses de la SNCF pour ses retards passés et à venir et les cris du bambin qui,
d'après les cernes violettes de sa mère, a une endurance précoce, sous les volutes musicales de mon
walkman et j'écris.


Petite balade dans les fondements de Paris et je m'enfonce enfin dans le canapé de Maryline
pour trinquer à ce projet qui nous mobilise les neurones et les tripes depuis trois ans.


Buvons, nous travaillerons sur le découpage technique demain, dans le train.

 
02/07

Maryline s'endort à l'heure où je me réveille, et avec Fabien, que nous retrouvons sur le quai du métro
et dont la gueule de bois semble aussi chargée que le sac à dos, nous ressemblons à trois adolescents
fébriles à la veille de la colo.


Nous regardons les quelques séquences qui pourraient encore se simplifier, puis nous dormons pour
les uns, rêvassons pour les autres. Le scénario est arrivé à un stade de concentration tel que tout
paraît aller à l'essentiel, même les respirations.


 
À Brest nous attend Emma, notre directrice de production/régisseuse générale et je vois en miroir
sur ses traits les effets de la préparation du tournage. Nous accumulons des réserves caloriques
non négligeables à la crêperie du coin, où nous rejoignent Marie et Julien, la chef déco et son assistant.


Nous allons voir les premiers décors, et mon sourire face à la concrétisation des images que j'ai dans
la tête depuis un certain temps s'épanouit à mesure que celui de Marie se crispe devant la tâche qui
l'attend : relooker l'aile désaffectée d'une maison de retraite, transformer un abri à bestiau en
cabane d'enfants... C'est sous la pluie que nous essayons de deviner la profondeur de la rivière
dans laquelle les jeunes comédiens vont devoir nager, sans même oser y plonger la main
pour évaluer sa température...


Gîte, courses, restaurant sur le port..., la vie collective trouve ses repères. Parmi les multiples points
d'interrogation qui défient la persévérance d'Emma, il y a l'immobilisation possible des camions
des machino à Paris, due à la grève des intermittents de l'audio-visuel prévue les 3 et 4 juillet. 
Nous avons fait savoir au syndicat de salariés que nous étions solidaires avec le mouvement
et que nous ferions mention de la situation au générique du film, mais qu'étant donnée la précarité
des conditions du projet, nous ne pouvions pas nous permettre de perdre un jour de tournage.


 
Fin de soirée.

On ne voit pas la mer mais on l'entend. Il fait froid.

Je suis étonnamment calme depuis que je suis ici, malgré mon impatience de commencer à tourner.


03/07

Le réveil matinal est l'occasion de commencer à écrire ce carnet de tournage dans le gîte silencieux,
avant d'aller vérifier les derniers décors : le hameau, théâtre du cauchemar et des deux cascades
du film, où nous avons la chance de trouver la maison qui nous manquait avec sa cuisine rustique
et sobre, puis l'arbre, le magnifique arbre de La Fille Perchée, dans le parc d'un manoir,
le sol est détrempé et le remorquage de la vieille carcasse de 2 chevaux risque d'être épique mais,
avec un rayon de soleil, le tableau est bluffant. Nous finissons par le collège, qui n'a opportunément
pas encore eu les moyens de moderniser toutes ses salles de classe. Nous voyons rapidement
comment installer les 15 enfants pour donner l'impression qu'ils seront 30 et nous choisissons
les toilettes dans lesquels Nicolas et Mathilde joueront leur première scène, en sniffant de la colle à rustines...



Nous changeons de crêperie avant de rentrer au gîte, où, studieux, chacun met ses notes et
croquis au propre pour briefer le reste de l'équipe qui arrive dans les trois prochains jours.


Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://lafilleperchee.zeblog.com/trackback.php?e_id=220680

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


Anti-Spam :
Recopiez le code dans le champ ci-dessus.

 
La Fille Perchée - Blog créé avec ZeBlog